Accueil

 

A consulter: la lettre du Collectif des 39 (Actualités) et un témoignage sur les bienfaits du packing.(Paroles de familles)

img008img008

suppression de la circulaire interdisant le packing

img008
Nous avons créé ce blog en 2012 en lançant une pétition en réaction aux recommandations de bonnes pratiques de l’HAS. ( à lire sur ce blog).
Et puis, nous nous sommes relâchés, avons abandonné ce blog, et nous y revenons aujourd’hui, parce que le rouleau compresseur avance, et une circulaire interdit maintenant la pratique des packs.
Pierre Delion a lancé une nouvelle pétition dont  voici le texte. A la fin de ce texte, vous trouverez le lien pour signer cette pétition
À diffuser largement.
Nous demandons le retrait immédiat de la circulaire du 22 avril 2016 n°DGCS/SD5C/DSS/CNSA/2016/126
relative aux orientations de l’exercice 2016 pour la campagne budgétaire des
établissements et services médico-sociaux accueillant des personnes handicapées
et des personnes âgées (mise en ligne le 3 mai 2016).Cette circulaire budgétaire interdit la conclusion de CPOM avec
les ESSMS recourant au packing :« Enfin, la signature des CPOM avec des gestionnaires
d’établissements et services accueillant les personnes avec des troubles du
spectre de l’autisme est strictement subordonnée au respect d’engagements de
lutte contre la maltraitance, et donc à l’absence totale de pratique du                                        «packing » au sein des établissements et services médico-sociaux couverts par le
img008CPOM. (…) ». Aussi, cette pratique doit être considérée comme une mise en
danger de la santé, de la sécurité et du bien-être moral et physique des
personnes accompagnées par ces établissements et doit donc faire l’objet des
mesures appropriées et prévues dans le Code de l’action sociale et des familles
(articles L. 331-5 et suivants) ».Cette circulaire, en déclarant que les soignants qui
pratiquent le packing sont des professionnels maltraitants sur la foi
d’allégations qui n’ont aucun fondement ni clinique ni scientifique, ne fait
que traduire en acte une politique portée par un groupe de pression ignorant
totalement les réalités de la cause qu’il prétend défendre.Depuis Valérie Létard jusqu’à Ségolène Neuville en
passant par Marie Arlette Carlotti (mis à part Roselyne Bachelot qui avait
obtenu du Haut Conseil de la Santé Publique un avis favorable au packing), nos
ministres délégués aux handicapés ont pris partie pour les uns contre les
autres, pour le comportementalisme contre la psychanalyse, alors qu’on
attendrait d’un ministre chargé d’une question d’une telle importance, celle de
l’autisme, sinon une retenue, du moins une capacité à trouver un équilibre qui
devrait être attaché à l’exercice de ces hautes fonctions publiques.Ces ministres ne connaissent de l’autisme que ce que

certains groupes de pression leur en ont dit de façon caricaturale, sans
prendre la peine de se renseigner auprès des praticiens hospitaliers de
secteurs et des professeurs des universités qui accueillent les cas d’autistes
les plus graves dans leurs services.Les recommandations de l’HAS sont promulguées comme
nouvelle vérité absolue, sous couvert de la science, alors qu’elles posent
problème dans la communauté scientifique, notamment en ce qui concerne les
fameuses réussites des méthodes comportementalistes versus les méthodes de la
pédopsychiatrie de secteur.Cette circulaire déclare la guerre aux praticiens du
packing sans savoir de quoi il retourne, en se fiant uniquement à des calomnies
et à des moyens de désinformation dignes des régimes totalitaires (cf le film
d’horreur réalisé sur un soi disant packing par une association d’opposants),
et en les traitant de praticiens maltraitants.Pour avoir osé prononcer de telles accusations sans l’ombre d’une preuve, les  praticiens et
les équipes soignantes sont diffamées, alors qu’elles ont passé une grande
partie de leur existence professionnelle à protéger les enfants maltraités et
négligés de leurs parents malades ? Et que, bien au contraire, ces mêmes
équipes diffamées dépensent une grande énergie à soigner les enfants autistes
les plus graves avec le peu de moyens dont elles disposent.Les établissements qui continueront à pratiquer le
packing pourraient tout simplement ne pas recevoir leur budget et être rayés de
la carte du médico-social ? Mais dans quel système politique
sommes-nous ?Ces techniques relèvent d’un autre âge de sinistre
mémoire.Comment peut-on qualifier de maltraitante une pratique
qui vise précisément, et y arrive le plus souvent, à arrêter des manifestations
d’automutilations dont les décideurs politiques n’ont sans doute même pas idée ?Comment se fait-il que des parents qui ont vécu cette
expérience de l’automutilation de leurs enfants et qui ont vu une nette
amélioration par la technique du packing ne soient pas entendus par ceux
qui écrivent de telles circulaires ?Pourquoi n’ont ils pas été reçus au même titre que des
associations extrémistes, saturées de haine pour les psychiatres et leurs
équipes ? Pourquoi les psychiatres d’enfants et leurs équipes de
img008pédopsychiatrie sont-elles nécessaires pour certains enfants autistes, et
notamment pour les plus gravement atteints ?

Parce qu’il en va de notre éthique professionnelle et
que personne d’autre ne veut le faire.

La pédopsychiatrie publique est disqualifiée de façon
indigne, alors qu’elle rend service au médico-social, à la mesure de ses
moyens, notamment en accueillant des enfants orientés dans le médico-social et
qui présentent des automutilations. Ils ont besoin de packing et voilà qu’une
circulaire irresponsable va le leur interdire.

La pédopsychiatrie va-t-elle disparaître pour donner
ses crédits au médico-social et au pédagogique ? Sa mort laissera sur le
bord du chemin les autistes les plus graves, ceux dont personne ne parle et
avec lesquels les parents sont le plus en difficulté ?

Et il n’y aura plus de services, hospitaliers, au sens
propre, pour les accueillir.

Pourtant, dans l’ensemble des troubles envahissants du
développement/troubles du spectre autistique, il n’ y a pas que des enfants
porteurs de syndromes d’Asperger, il y a surtout les autres, et notamment,img008
parmi eux, ceux dont on ne parle pas à la télévision ni dans les médias, les
plus déficients et les plus gravement autistes.

Les enfants autistes ont besoin de l’éducatif
toujours, et pour ce faire leurs parents peuvent évidemment choisir la méthode
qu’ils souhaitent. Ils ont besoin du pédagogique si possible, mais nous savons
que tous les enfants autistes ne peuvent pas aller à l’école, même si nous
employons tous les moyens pour y parvenir. Et enfin, lorsque ces deux approches
complémentaires ne suffisent pas, ils ont besoin du thérapeutique si
nécessaire, et entre autres soins très diversifiés, des techniques
d’enveloppement dont le packing est une possibilité. Et ce sont les équipes de
pédopsychiatrie qui sont chargées de ce troisième volet de la prise en charge,
très souvent en articulation avec le médico-social.

Faire croire par démagogie que les enfants autistes
peuvent, tous, bénéficier de méthodes

éducatives comportementales exclusives et
ainsi être inclus à l’école est un fantasme (et les résultats des recherches
menées dans les centres expérimentaux ABA tendent à montrer que les attentes ne
sont pas du tout au rendez vous), qui s’il est appliqué sans ménagements,
conduira dans le mur d’un totalitarisme qui ne dit pas son nom. Mais
entretemps, les moyens mis à la disposition des enfants autistes par les
équipes de pédopsychiatrie auront disparu car la disqualification qui règne en
haut lieu à ce sujet aura rapidement des effets délétères sur la
pédopsychiatrie elle-même.

Les équipes de pédopsychiatrie seraient toutes infiltrées
par la psychanalyse et, à ce titre, elles seraient perdues pour l’autisme.

D’ailleurs, des parlementaires, de droite comme de
gauche, font beaucoup de bruit à ce sujet en mélangeant tous les problèmes, et
tentent d’interdire l’enseignement de la psychanalyse à l’Université dans ce
domaine. Quelle régression intellectuelle !

Mais les équipes de pédopsychiatrie d’aujourd’hui se
sont formées, ont modifié leurs pratiques en profondeur et les critiques qui
leur sont adressées sont devenues infondées dans la plupart des cas. Bien sûr,
certaines équipes ont pu commettre des erreurs regrettables et nous dénonçons
ces pratiques révoltantes. Mais de grâce, que les  critiques de la psychanalyse soient
img008actualisées ! Il faut arrêter de dire ces inepties qui ne concernent plus les
équipes de pédopsychiatrie depuis belle lurette ! Il faut cesser ces
couplets sur la culpabilisation des mères et toutes ces fariboles ! Tous
les parents se sentent coupables dès lors qu’ils ont un enfant malade, quelle
que soit sa maladie. Notre fonction consiste à transformer cette culpabilité
inévitable en énergie pour leur enfant.

La psychanalyse nous aide à penser la qualité de la
relation entre un enfant et ses soignants, ce que nous appelons le transfert,
pour mieux être en lien avec lui et l’aider à grandir.

Nous ne prenons pas les enfants autistes sur notre
divan, nous tentons de les comprendre à partir de ce qu’ils vivent avec nous
« dans le transfert ». Cette réflexion porte un nom : la
psychopathologie. Et quand elle est mené collectivement par une équipe
soignante, c’est ce que nous appelons la psychothérapie institutionnelle. Voilà
autant d’acquis fondamentaux de toute pratique psychiatrique.

Viendrait-on reprocher à un mathématicien d’utiliser
la théorie euclidienne sous le prétexte de l’apparition des théories
post-euclidiennes ?

Viendrait-on reprocherà un philosophe d’utiliser
certaines théories philosophiques plutôt que d’autres ? La physique
moderne vit sous le règne de la théorie ondulatoire et de la théorie corpusculaire.

La connaissance en psychiatrie n’est pas réductible
aux seules neurosciences et à la génétique, et la psychanalyse nous a aidé à
accorder toute son importance aux processus relationnels, et aussi à les
théoriser dans le cadre des sciences humaines dont elle fait partie.

Pourquoi, sous le prétexte de faire moderne,
devrait-on, et qui plus est par décret, supprimer certains pans de la connaissance
au détriment d’autres ?

L’Histoire nous a montré que les périodes au cours
desquelles ce phénomène est arrivé ne coïncidaient pas avec une saine
démocratie.

Tous ces mouvements dictés par la démagogie font
img008craindre un effondrement des valeurs de la démocratie, et ces décisions en
matière d’autisme, et plus précisément celles concernant le packing, sont
précisément dictées par des groupes de pression qui ont plus à voir avec
l’idéologie ou le commerce qu’avec la science et la clinique. Sinon, pourquoi ne
pas attendre le résultat d’un PHRC entamé depuis plusieurs années et qui
pourrait donner des éléments de réponses cliniques et scientifiques ?

Pourquoi prendre de telles décisions à la sauvette,
comme si nos décideurs avaient peur des résultats ?

Nous attendons autre chose qu’un ministère de la haine
en lieu et place d’une autorité pour remettre de l’équilibre et de la mesure
dans un domaine dans lequel nous avons besoin des uns et des autres dans une
paix de travail retrouvée au service des enfants autistes et de leurs familles.

Lille
le 9 Mai 2016

Professeur
Pierre Delion

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Secretariat_detat_aux_handicapes_suppression_de_la_circulaire_interdisant_le_packing/?cqKYJab

 

img008

Annonce.

À lire aussi le texte que nous avons co-écrit, autour du pack, du conte, pour les rencontres de: conte/acte à Gennevilliers.

La manufacture de tapis volants. Chapitre 2

Puis:

Dans la rubrique « Par Ailleurs » , tiré de « Lacan-Quotidien » : l’expérimentation institutionnelle d’ABA en France: une sévère désillusion (1) et  (2) (désolé, mais dans la rubrique c’est d’abord (2) et (1)…dans le désordre…)

img008

RUBRIQUE INFOS

A lire la déclaration de Mme Carlotti, ministre de son état, au sujet du troisième plan autisme et les réactions du Collectif des 39 et de Hector De Macedo

Mais aussi:

Etre ou ne pas être …évalué. Régine Castaing.

Lettre ouverte de Mireille Battut, présidente de l’association « La main à l’oreille » à Marie Arlette Carlotti, au sujet de la présentation du 3ème plan autisme

img008


Pourquoi un blog supplémentaire?

    Nous souhaiterions faire de ce site un lieu d’échange de témoignages,

de paroles, d’informations, face à tous ceux qui voudraient renvoyer nos pratiques au néant.
Ce site n’existera que par ce que chacun en fera.

Il se veut avant tout un lieu d’échange, de lien. Il est ouvert aux équipes de psychiatrie,  aux équipes du médico-social, ainsi qu’aux familles.

Si vous souhaiter publier un texte ou des infos vous pouvez nous les envoyer à l’adresse ci-jointe, nous les publierons.

psychiatriereprenonslaparole@gmail.com

img008

Certains le clament, résister ! Indignez-vous !
Résister ? Contre qui, contre quoi ? Quel que soit
l’état du monde, depuis la nuit des temps, il
semble bien que la prédation humaine soit à
l’oeuvre, elle est foncièrement polymorphe, elle
épouse les vents et marées pour toujours profiter
en toutes circonstances de ce qu’offrent de
jouissance les situations… Quel rempart pouvonsnous
dresser contre une telle Hydre logée en
chacun ? L’éthique, la Loi, les Idéaux ? Il faut sans
doute avoir cette faiblesse de penser que l’humain
est passible du meilleur comme du pire… pas
seulement du pire. Devant quel feu ce prédateur
recule-t-il jusqu’à abandonner sa proie ? Celui
même qu’il cherche partout à éteindre : celui de la
pensée, de la vérité, de la parole et des liens
humains. Voilà sans doute ce qu’il nous faut sans
cesse rebâtir inlassablement…
David Fauvel

Voir la suite de l’article dans : »De la prédation humaine ».

img008

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s